នយោបាយ បង្អត់ស្បៀងសត្រូវ ដើម្បីទប់ស្កាត់ជំងឺកូវីត-១៩ / Politique de la terre brûlée contre le COVID-19

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០៣ ឧសភា ២០២០ / 03 May 2020

ដើម្បីទប់ស្កាត់ការរាតត្បាត នៃមេរោគកូរ៉ូណា ដែលយើងមិនទាន់មានក្បួនប្រយុទ្ធផ្ទាល់នៅឡើយ ពីព្រោះយើងមិនទាន់រកឃើញទាំងថ្នាំចាក់បង្ការ ទាំងថ្នាំព្យាបាល យើងនៅសល់តែយុទ្ធវិធីមួយគត់ គឺបង្អត់ស្បៀងអាហារ និងទីជម្រក សម្រាប់ខ្មាំង ទោះជាយុទ្ធវិធីបែបនេះ ធ្វើឲ្យយើងទទួលការបង់ខាតយ៉ាងណាក៏ដោយ។ ទោះជាយើងមិនដុតផ្ទះយើង និងស្រែចំការយើង មុននឹងរត់គេចពីខ្មាំង ដូចជនជាតិរុស្ស៊ី ដែលរត់គេចពី ណាប៉ូឡេអុង (Napoléon, 1812) តែពេលនេះយើងបង្ខាំងខ្លួនយើងក្នុងផ្ទះ បន្ទាប់ពីបិទសាលារៀននិងរោងចក្រ និងបញ្ឈប់ដំណើរទាំងអស់ តាមរថភ្លើង និងយន្តហោះ ក្នុងគោលបំណងការពារខ្លួនយើង ដោយធ្វើឲ្យសត្រូវដែលមើលមិនឃើញ នៅឯកោតែឯង ហើយស្លាប់ទៅវិញ បន្តិចម្តងៗ។

http://www.gavroche-thailande.com/…/112006-asie-europe-cont…

Pour bloquer l'avance du coronavirus que nous ne savons pas combattre de front car nous n'avons encore trouvé ni vaccin ni traitement, il ne nous reste qu'à appliquer la "politique de la terre brûlée" même si elle nous coûte très cher. Certes, nous ne brûlons pas nos récoltes et nos chaumières avant de nous enfuir comme les Russes devant Napoléon, mais nous nous confinons chez nous après avoir fermé nos écoles et nos usines et arrêté nos trains et nos avions afin de nous protéger en faisant le vide autour de l'ennemi invisible.

FACE AU COVID-19 : LA STRATEGIE DE LA TERRE BRULEE

Dans sa première allocution à la nation sur la pandémie du COVID-19 le 16 mars dernier, le président Emmanuel Macron a déclaré que la France était "en guerre". Mais contre l’"ennemi invisible"qu’est le coronavirus il n’a pas précisé les fondements de la stratégie qui s’imposait.

Stratégie de la terre brûlée

Contre ce virus nous ne pouvons monter aucune défense préventive (pas de vaccin) et nous n’avons aucun moyen pour lancer une quelconque attaque ou contre-attaque (pas de traitement). Il ne nous reste qu’à nous cacher (confinement) pour essayer de nous mettre hors de la portée de l’ennemi. Mais nous avons un service de renseignement, comme dans une vraie guerre, pour détecter la présence et les mouvements de l’ennemi (tests médicaux). Ce renseignement est essentiel pour nous aider à appliquer la seule stratégie qui soit à notre portée: la politique de la terre brûlée pour endiguer, dérouter et anéantir l’ennemi sans combat frontal. Il nous faut éviter tout contact avec l'ennemi sachant que le virus a besoin de parasiter des cellules humaines pour y piller leurs réserves afin de se reproduire et continuer sa marche mortelle pour nous. Cette stratégie de la terre brûlée pour arrêter le virus se manifeste clairement par le port du masque, les gestes barrières, la distanciation sociale (ou virale), l’isolement des personnes contaminées ou suspectes, et le confinement de toute la population.

Importance des tests

Dans cette stratégie très particulière contre le coronavirus, les tests permettant le repérage de l’ennemi jouent un rôle essentiel car ils aident à appliquer le confinement au bon endroit, au bon moment et de la bonne manière pour circonscrire et arrêter le virus le plus efficacement possible, tout en réduisant au maximum le coût économique et social du confinement.

Le directeur général de l’OMS a insisté au début de la pandémie qu’il fallait avant tout "tester,tester, tester" et que, autrement, ce serait comme si nous combattions "un incendie les yeux bandés." La logique de l’opération consiste en fait à tester pour identifier le virus et à isoler les personnes qui le portent afin d’empêcher la propagation de la maladie. Dans la pratique, le champ du testing doit couvrir en premier lieu les malades symptomatiques et toutes les personnes qui auraient été en contact avec eux. Cette extension du champ du testing tient compte de la facilité et de la rapidité de transmission du virus. Pour cela on fait appel à des opérations de traçage utilisant les technologies modernes de communication et de surveillance. La stratégie complète est en fait "tester,tracer, isoler". Le temps est un facteur capital dans cette stratégie de repérage du virus (test), de détermination du champ de contamination possible (traçage) et d’isolement des personnes concernées (quarantaine, confinement). Il fallait appliquer cette stratégie dès le tout début de la pandémie, c’est-à-dire commencer à tester massivement et immédiatement dès les premiers cas signalés. Un retard de quelques jours peut signifier la mort de milliers de personnes comme le montrent les comparaisons de bilans sanitaires entre les pays qui ont réagi rapidement (Corée du Sud, Taïwan, Allemagne) et ceux qui ont tardé à le faire (France, Royaume Uni, Etats Unis).

Autre prix à payer d’une réaction tardive: c’est le retard d’hier qui oblige à imposer aujourd’hui un confinement des populations plus large, plus strict et plus long pour éviter une deuxième vague de l’épidémie après le passage d’un premier pic. C’est comme dans un incendie: parce qu’on a laissé le feu s’étendre à ses débuts, on a plus de mal à l’éteindre maintenant.

L’avenir reste sombre et incertain car, fautede pouvoir tester toute la population, il faut concentrer le dépistage sur les malades symptômatiques, ce qui laisse de côté les personnes ayant eu un contact avec levirus mais ne présentant pas de symptômes notables. Or ces malades asymptomatiques ou paucisymptomatiques (peu de symptômes) représentent la majorité des cas d’infection et peuvent être très contagieux.

Cette difficulté à déterminer le champ de contagion se trouve renforcée ou compliquée par notre ignorance des modes de contagion possibles, notamment par l’air ambiant. Pour arrêter la pandémie il serait utile d’identifier les personnes qui ont été en contact avec le virus sans avoir contracté la maladie contre laquelle elles seraient devenues immunisées.

Quels tests utiliser?

Le test le plus massivement utilisé jusqu’àmaintenant est un test virologique PCR (réaction de polymérisation en chaîne) destiné à détecter la présence du coronavirus au moyen de prélèvementsnaso-pharyngés. Un autre type de test devra voir sonutilisation monter en puissance: il s’agit des tests sérologiques destinés àdétecter la présence d’anticorps dans le sang des personnes ayant eu un contact avec lecoronavirus et qui sont censées être immunisées contre le COVID-19 grâce à ces anticorps. Ces tests sérologiques sont complémentairesdes tests virologiques car ils donnent des renseignements exclusifs permettantde développer d’autres approches pour lutter contre la pandémie du COVID-19:- Déterminer à travers un échantillonreprésentatif le degré de prévalence du coronavirus dans une population donnée,ce qui permettrait de mieux préparer et moduler le déconfinement comme laFrance s’apprête à le faire à partir du 11 mai. -Suivre l‘évolution d’une population vers une immunité collective qui seraatteinte lorsque 60 à 70% de cette population aura développé desanticorps pouvant la protéger du COVID-19.- Sur le plan individuel, si le testvirologique permet d’identifier les malades pour protéger le reste de lasociété, le test sérologique permet d’identifier les non-malades et les immuniséspour réorganiser la société et faire redémarrer l’économie. J’ai déjà souligné la différence d'approche entre ces deux types de tests dans mon article "Comment éviter la paralysie de l'économieface à la pandémie du COVID-19" paru le 27 mars dansThe Geopolitics. Exemplesconcrets d’application du test sérologique Le test sérologique a été appliqué dans troiscas concrets qui pourraient devenir exemplaires:- A un niveau national: le Chili a émis descertificats immunitaires attestant que leurs porteurs peuvent retourner travailler au service de leur pays sans risquer de contaminer leurs concitoyens. - Au niveau d’une grande entreprise: le groupefrançais VEOLIA a fait tester ses 50.000 employés pour évaluer leur immunité etmieux garantir leur sécurité sanitaire lors de la reprise du travail. - Au niveau d'une compagnie aérienne internationale: la compagnie Emirates fait tester sespassagers pour vérifier leur immunité et leur non-contagiosité juste avantl’embarquement. Le potentiel d’utilisation du test sérologiqueest immense car il est à l’origine du concept du passeport ou certificatimmunitaire qui permettrait de déconfiner sur des bases sûres et rationnellesdes régions et villes entières en identifiant les personnes immunisées pouvantreprendre leurs activités antérieures à la crise sans mettre personne en danger,comme l’a suggéré la Maire de Paris Anne Hidalgo. Levée prévisible des réserves émises contre l’usage individuel du test sérologique Ces réserves sont au nombre de deux: elles concernent d’unepart, la précision et la fiabilité de ce type de test pour détecter les anticorpsà la suite d’une infection par le coronavirus, et d’autre part, l'incertitude sur la durée pendant laquelle ces anticorps peuvent protéger d’une nouvelleinfection par le coronavirus. Sur le premier point, comme dans beaucoupd’autres domaines, les progrès avancent à grands pas pour ce qui concerne lasensibilité (pas de "faux négatifs") et la spécificité ("pas defaux positifs" dans les résultats) des tests sérologiques. Dans un procheavenir -- si ce n’est pas déjà le cas -- les résultats de ces testsprésenteront des marges d’erreur voisines de zéro. Sur le deuxième point, l’OMS a fait une mise en garde selon laquelle l'on n'est pas certain que les anticorps présents à un moment donnépourraient protégerd’une nouvelle infection par le même virus à l'avenir. Cetavertissement de l’OMS a ouvert un débat sur la possibilité pour une même personnede contracter plusieurs fois la même maladie virale en un laps de tempsrelativement court. Une telle hypothèse sur l’absence d’immunisationconduirait àdes conclusions aussi bien irrationnelles ("très difficile à concevoir"selon Dr Marc Gozlan du Monde) que catastrophiques (pandémie sans fin et impossibilitéde produire un vaccin). L’OMS a basé son avertissement sur quelques cas observés en Chine et en Corée. Il y a eu peut-êtrepour ces cas-là un problème de précision et de fiabilité des tests utilisés avant et après lamaladie (sensibilité et/ou spécificité insuffisantes). Mais les paysd'Europe qui ont déjà observé des dizaines sinon des centaines de milliers depersonnes guéries du COVID-19, commencent aussi à avoir un peu de recul pourétudier l'existence et la durée de l'immunité chez ces anciens malades, et celaà un moment où la précision et la fiabilité des tests se sont beaucoupaméliorées. Conclusion Même s’il subsiste encore beaucoup d’incertitudes sur l’évolution de la pandémie du COVID-19 et les coûts quecelle-ci engendrera pour l’humanité, on peut continuer à penser qu’en l’absenced’un vaccin, les tests médicaux continueront à occuper une place fondamentaledans la stratégie de la terre brûlée que les états ont mise en place pourcontrer le coronavirus. Alors que ce sont surtout les tests virologiques qui ont été utilisés jusqu'à ce jour, il y aura -- après quelques éclaircissements attendus -- une montée en puissance des testssérologiques dans un avenir prévisible. Dans cette perspective, il faudra,pour certains pays, tirer les leçons du passé pour éviter de commettre la même erreur d’impréparation pour ces tests sérologiques dont l’importance est crucialepour sortir définitivement du confinement et relancer l’économie mondiale.

SamRainsy

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